Prendre rendez-vous sur Doctolib

Marseille 11ᵉ & Aubagne · Ouvert 7j/7
06 09 81 59 78

Par Simon Baudoin, ostéopathe D.O.Lecture ~11 min

L'essentiel

L'entorse de la cheville est une blessure fréquente chez le sportif amateur, et sa récupération suit plusieurs étapes : phase aiguë de protection, reprise progressive de l'appui, travail de proprioception et de renforcement, puis retour au sport sur des critères fonctionnels plutôt qu'à date fixe. Le diagnostic revient toujours au médecin, et la rééducation au kinésithérapeute. L'ostéopathie n'a pas sa place en phase aiguë sur une cheville non diagnostiquée ; elle peut ensuite intervenir en complément, sur la mobilité du pied et de la cheville et sur les compensations à distance, sans jamais remplacer le suivi médical.

Un appui mal négocié en fin de footing, une réception de saut ratée en salle, un duel au football, une pierre qui roule sous la chaussure en trail : l'entorse de la cheville fait partie des blessures les plus courantes chez le sportif amateur. Parce qu'elle est si fréquente, elle est aussi souvent banalisée. On serre les dents, on remet la chaussure dès que le gonflement baisse, et l'on reprend comme avant.

C'est précisément là que le problème commence. Une récupération bâclée expose aux récidives, puis parfois à une instabilité chronique de la cheville : un pied qui « lâche » au moindre terrain irrégulier. Dès cette introduction, un rappel essentiel : l'ostéopathie intervient en complément d'un suivi médical, jamais à sa place. Cet article suit la récupération étape par étape, explique où l'ostéopathie peut trouver sa place et où elle ne l'a pas, puis aborde les entorses à répétition et les particularités de quelques sports.

Illustration d'une cheville en récupération après une entorse, de la phase aiguë au retour au sport

Comprendre la blessure

Qu'est-ce qu'une entorse de la cheville ?

Une entorse est une lésion des ligaments, ces bandes de tissu fibreux qui relient les os entre eux et stabilisent l'articulation. Lorsqu'un mouvement brutal les étire au-delà de leurs capacités, leurs fibres peuvent être distendues, partiellement déchirées, voire rompues.

Le mécanisme du « pied qui tourne »

Dans la grande majorité des cas, le pied bascule vers l'intérieur, la plante tournée vers l'autre jambe : c'est le mouvement d'inversion. Le poids du corps s'écrase alors sur le bord externe de la cheville, et ce sont les ligaments situés à l'extérieur qui encaissent la contrainte. Le ligament latéral externe, composé de plusieurs faisceaux, est le premier concerné. D'autres structures peuvent être touchées selon le mouvement, d'où l'intérêt d'un examen précis.

Les degrés de gravité

On distingue classiquement trois niveaux. L'entorse bénigne correspond à un simple étirement des fibres ligamentaires, sans rupture. L'entorse moyenne implique une déchirure partielle. L'entorse grave correspond à une rupture d'un ou de plusieurs faisceaux. La douleur ressentie sur le moment ne suffit pas à trancher : c'est l'examen médical qui établit le degré de gravité et oriente la suite de la prise en charge.

Avant toute chose

Les signaux qui imposent de consulter un médecin d'abord.

Face à une cheville qui vient de tourner, le premier réflexe reste l'avis médical. Certains signes doivent pousser à consulter rapidement, sans attendre que « ça passe ».

Le médecin pose le diagnostic, évalue la gravité et prescrit si besoin une imagerie, pour écarter une fracture ou une rupture ligamentaire. Il décide aussi de la contention et de l'orientation vers une rééducation.

Un ordre à respecter. L'ostéopathe ne remplace ni le diagnostic médical ni la kinésithérapie de rééducation. Il intervient plus tard, et seulement en complément.

  • Impossible de poser le pied

    Si vous ne parvenez pas à faire quelques pas en appui sur la jambe blessée, même en boitant, l'avis d'un médecin s'impose avant toute autre démarche.

  • Une douleur osseuse à la palpation

    Une douleur vive lorsqu'on appuie sur l'os, autour des malléoles ou sur le bord du pied, doit faire écarter une fracture par un examen médical.

  • Un gonflement important, un hématome étendu

    Une cheville qui gonfle vite et fort, ou un bleu qui s'étale largement sur le pied, traduit un traumatisme qui mérite d'être évalué sans attendre.

  • Une déformation visible

    Une cheville qui ne retrouve pas sa forme habituelle, ou dont l'axe paraît anormal, relève d'une prise en charge médicale immédiate.

  • Une sensation de craquement

    Un « crac » perçu ou entendu au moment de la torsion peut accompagner une lésion plus sérieuse : mieux vaut le signaler au médecin.

Sportif s'étirant les jambes sur une piste d'athlétisme au lever du jour, lors d'une reprise progressive

Étape par étape

Les grandes phases de la récupération.

La récupération d'une entorse n'est pas une simple attente. Elle suit une progression logique, où chaque étape prépare la suivante. Les durées varient beaucoup d'une personne à l'autre selon la gravité, l'âge, la pratique et la qualité de la rééducation : les repères ci-dessous décrivent un ordre, pas un calendrier.

  1. Phase aiguë : protéger et apaiser

    Les premiers jours, la priorité est de protéger l'articulation : repos relatif, glace par périodes courtes, jambe surélevée pour limiter le gonflement, et contention ou attelle selon l'avis médical. On évite de « tester » la cheville en forçant ; le but est de laisser l'inflammation suivre son cours sans aggraver la lésion.

  2. Reprise progressive de l'appui et de la mobilité

    Dès que le médecin l'autorise, l'appui revient par étapes, parfois avec des cannes au début. La mobilité de la cheville se retravaille en douceur, notamment la flexion du pied vers le haut, souvent la plus limitée après une entorse. La douleur sert de guide : on progresse sans la provoquer franchement.

  3. Proprioception et renforcement : la clé contre la récidive

    Une entorse perturbe les capteurs qui informent le cerveau de la position du pied. Les retravailler est essentiel : appui unipodal, d'abord les yeux ouverts puis fermés, surfaces instables, renforcement des muscles qui stabilisent la cheville. Cette phase est idéalement encadrée par un masseur-kinésithérapeute, qui adapte la progression.

  4. Retour au sport : des critères plutôt qu'une date

    Le retour au sport ne se décide pas sur le calendrier mais sur des critères fonctionnels : marcher sans douleur ni boiterie, monter et descendre les escaliers normalement, sautiller sur la jambe blessée, puis enchaîner accélérations et changements de direction. Chaque palier validé ouvre le suivant.

La phase de proprioception est celle que l'on saute le plus souvent, parce que la douleur a disparu et que la cheville semble « normale ». C'est pourtant elle qui conditionne la stabilité de l'articulation à long terme. Quelques minutes d'exercices réguliers, bien encadrés, valent mieux qu'une reprise précipitée.

Travail manuel doux d'un praticien sur un patient allongé, en complément de la rééducation

Le bon moment

Où se situe l'ostéopathie dans ce parcours ?

Pas en phase aiguë sur une cheville non diagnostiquée

Tant qu'un médecin n'a pas examiné la cheville et écarté une fracture ou une rupture, il n'y a pas de place pour une séance d'ostéopathie. Dans les premiers jours, les tissus sont inflammatoires et fragiles : la priorité est de protéger l'articulation et de laisser la phase aiguë se dérouler.

En complément, une fois le diagnostic posé

Lorsque la phase aiguë est passée et que le diagnostic est établi, l'ostéopathie peut s'inscrire dans le parcours. Le travail porte d'abord sur la mobilité de la cheville et du pied : articulation tibio-tarsienne, sous-talienne, mobilité du péroné, petites articulations du pied. Il s'intéresse aussi aux compensations à distance. Pendant des jours, parfois des semaines, on a boité, déplacé son poids, protégé la jambe blessée : genou, hanche, bassin et région lombaire ont pu s'adapter, et ces adaptations persistent parfois au-delà de la douleur.

Ce que l'ostéopathie ne fait pas

L'ostéopathie ne « répare » pas un ligament rompu et ne remplace pas la rééducation. Elle ne raccourcit pas un délai de cicatrisation et ne se substitue à aucun traitement prescrit. Si l'examen révèle un signe qui sort de son champ, le praticien vous oriente vers votre médecin.

L'accompagnement ostéopathique de l'entorse de cheville

Un travail d'équipe

Médecin, kiné, ostéopathe : qui fait quoi.

Après une entorse, chaque professionnel a un rôle précis. La complémentarité avec le kinésithérapeute est particulièrement importante : c'est lui qui conduit la rééducation. Pour mieux comprendre ce qui distingue les deux métiers, lisez notre article ostéopathe ou kiné.

Le médecin

Il pose le diagnostic, évalue la gravité, prescrit si besoin une imagerie pour écarter une fracture ou une rupture ligamentaire, et décide de la contention ou d'un éventuel avis spécialisé.

Le masseur-kinésithérapeute

Il conduit la rééducation : récupération de l'amplitude, travail proprioceptif, renforcement musculaire, progression vers les gestes sportifs. C'est le pilier de la phase de reconstruction.

L'ostéopathe

Une fois la phase aiguë passée et le diagnostic posé, il peut intervenir en complément sur la mobilité du pied et de la cheville et sur les compensations installées à distance.

Sportif en débardeur bleu marine en salle lumineuse, travail de renforcement et de prévention

Le cercle vicieux

Entorses à répétition et instabilité chronique.

Une première entorse mal récupérée en appelle souvent une deuxième. La cheville devient moins stable, le pied tourne plus facilement, chaque nouvelle entorse fragilise un peu plus les ligaments et les capteurs proprioceptifs : c'est le cercle vicieux de l'instabilité chronique.

Plusieurs facteurs généraux entretiennent ce cercle. Le premier est une récupération incomplète, avec une reprise décidée sur l'absence de douleur plutôt que sur des critères fonctionnels. Le deuxième est une proprioception jamais retravaillée : les muscles stabilisateurs réagissent alors trop tard. S'ajoutent le chaussage (chaussures usées, inadaptées au terrain ou à la discipline) et le terrain lui-même, quand on reprend d'emblée sur des surfaces irrégulières.

Sortir de ce cercle passe par la prévention : un travail proprioceptif entretenu dans la durée, un renforcement régulier, une progression de charge raisonnable. Si votre cheville « lâche » régulièrement, parlez-en à votre médecin. Sur ce volet, voyez la page ostéopathie et prévention des blessures et notre article sur les bons réflexes pour prévenir les blessures en course.

Selon votre pratique

Spécificités selon le sport.

Les étapes de la récupération restent les mêmes, mais la dernière marche, le retour à la pratique, dépend des contraintes propres à chaque discipline.

Illustration d'un coureur en échauffement avant une sortie, reprise de la course après une entorse de cheville

Course à pied et trail

Autour de Marseille et d'Aubagne, les sorties mènent vite sur les sentiers des collines : cailloux, racines, dévers et descentes techniques sollicitent fortement la cheville. Après une entorse, la reprise se fait d'abord sur terrain plat et régulier, avant de retrouver progressivement les chemins accidentés, quand l'appui est redevenu sûr et que la proprioception a été retravaillée.

Illustration d'un footballeur amateur en action, appuis et changements de direction sollicitant la cheville

Football et sports collectifs

Appuis brusques, changements de direction, réceptions de saut et contacts avec l'adversaire : le football et les sports collectifs multiplient les situations où le pied peut tourner. Le retour sur le terrain passe par des exercices spécifiques de déplacements, de dribbles et de duels, réintroduits progressivement, avant de retrouver l'entraînement complet puis la compétition.

Dans les sports de salle, la logique est voisine : réceptions de sauts, pivots et freinages brusques demandent une cheville réactive. Quelle que soit la discipline, l'échauffement garde son rôle : il prépare les articulations et les capteurs à l'effort, et reste un geste simple à intégrer à chaque séance.

Marseille & Aubagne

Accompagner la reprise, en complément de votre suivi.

Simon Baudoin, ostéopathe D.O. formé à « La clinique du sportif » (IFFCO, 2024), accompagne les sportifs dans leur récupération, en complément de leur suivi médical et de leur rééducation. Il reçoit dans ses deux cabinets de Marseille 11ᵉ et d'Aubagne, ouverts 7j/7. Prise de rendez-vous sur Doctolib ou au 06 09 81 59 78.

Prendre rendez-vous sur DoctolibL'ostéo du sport

Questions fréquentes

Entorse de cheville et récupération : vos questions.

Combien de temps dure la récupération d'une entorse de la cheville ?

Il n'existe pas de durée unique. Elle dépend de la gravité de l'entorse, de la qualité de la rééducation, de votre pratique sportive et de l'avis de votre médecin. Une entorse bénigne et une entorse grave n'ont pas du tout le même parcours : c'est le médecin, puis le kinésithérapeute, qui vous donnent des repères adaptés à votre situation.

Peut-on voir un ostéopathe juste après une entorse ?

Non. Juste après le traumatisme, la priorité est l'avis médical, pour écarter une fracture ou une rupture ligamentaire. L'ostéopathie n'a pas sa place sur une cheville non diagnostiquée en phase aiguë. Elle peut intervenir plus tard, en complément, une fois le diagnostic posé et la phase aiguë passée.

L'ostéopathie peut-elle réparer un ligament ?

Non. Un ostéopathe ne « répare » pas un ligament, et l'ostéopathie ne remplace pas la rééducation. Son rôle se situe sur la mobilité articulaire du pied et de la cheville et sur les compensations installées à distance, en complément du suivi médical et de la kinésithérapie.

Combien de séances d'ostéopathie prévoir après une entorse ?

Il n'y a pas de nombre fixe : cela dépend de votre situation, de l'avancée de votre rééducation et de vos objectifs de reprise. Le praticien réévalue à chaque rendez-vous et ne prolonge pas le suivi au-delà de ce qui est utile.

Pourquoi certaines chevilles se tordent-elles à répétition ?

Les entorses à répétition sont souvent liées à une récupération incomplète, notamment quand la proprioception et le renforcement n'ont pas été retravaillés. Le chaussage et le terrain jouent aussi. Si votre cheville « lâche » régulièrement, parlez-en à votre médecin, qui pourra orienter le bilan.

L'ostéopathie est-elle remboursée ?

Les séances d'ostéopathie ne sont pas remboursées par l'Assurance Maladie. En revanche, de nombreuses mutuelles en prennent une partie en charge, selon votre contrat : renseignez-vous auprès de la vôtre.

Pour aller plus loin sur ces deux questions pratiques : combien de séances d'ostéopathie prévoir et le remboursement de l'ostéopathie par la mutuelle.

Pour aller plus loin

Le pilier entorse & le cluster sport.

Pour découvrir comment se déroule l'accompagnement au cabinet après une entorse, consultez la page ostéopathe entorse cheville Marseille, ainsi que les autres repères pour les sportifs ci-dessous.

Information générale. Cet article est proposé à titre informatif et ne se substitue pas à un avis ou à un traitement médical. Devant une entorse de la cheville, consultez d'abord un médecin.

Un rendez-vous, c'est déjà du mouvement.

Réservez votre séance en ligne à Marseille ou à Aubagne, 7j/7 — ou appelez directement pour toute question.

Information générale. Cette page présente une information générale sur la pratique de l'ostéopathie ; elle ne se substitue ni à une consultation, ni à un avis ou à un traitement médical. L'ostéopathie s'inscrit en complément d'un suivi médical : en cas de doute, de douleur intense ou de symptôme persistant, consultez votre médecin.